3b873854105ef78baa4a7df598709a9cf5adea4251c3ff454af4a1910bfed056

COURAGE LES AMI(E)S PRENEZ SOINS DE VOUS

Bonbons

Christopher CORTÉ Arbitre

Le libre arbitre

Ne vous fiez pas à ce visage juvénile : « Aujourd'hui, je sais m'imposer, me faire respecter. »
Il n'a pas le même maillot mais il a la même passion. A 19 ans, Christopher Corte a choisi son camp : arbitre. Rencontre avec un jeune Valléresien passionné qui ne broie pas du noir.

Un visage juvénile inspirant la sympathie. Une chevelure abondante et soignée. Un large sourire qu'il ne quitte jamais. A première vue, Christopher Corte diffère des standards de l'arbitre type français, du genre Tony Chapron, un chauve à l'allure de CRS qui donne de la matraque chaque week-end en Ligue 1. En le sondant
plus en profondeur, l'impression demeure inchangée : le Valléresien cultive sa propre opinion du métier : « Je ne suis pas un arbitre répressif. Je sais donner une seconde chance au joueur avant de sortir un avertissement. » Rafraîchissant.

A tout juste 19 ans, le jeune homme a embrassé la carrière d'arbitre par hasard. Presque un choix par défaut, sur la demande de son ex-président de père, Gilles Corte, pour assurer le nombre d'arbitres minimum au FC Valleroy-Moineville-Hatrize : « Je me souviens de mon premier match. J'avais 15 ans, j'arbitrais des -13 ans. J'éprouvais un peu de stress.» Un ressenti passager. Car dès les premiers coups de sifflet, Christopher va percevoir ce sentiment de toute puissance propre aux
hommes en noir : « C'est grisant de se retrouver au coeur du jeu, d'en être le maître. »

Mais tout maître peut se confronter à une révolte. Activité à risques, activité sous le feu de l'actualité chaque week-end, l'arbitrage laisse des traces. Même à bas niveau, « surtout à bas niveau ». Si le stade passe pour certains comme un exutoire, l'homme au sifflet cristallise bien des frustrations. Surtout lorsqu'il prend des traits juvéniles : « Au début, ça n'a pas été facile, témoigne-t-il. Je me souviens de mon deuxième match en senior à Saint-Mihiel où j'ai été la cible d'insultes. J'en ai même pleuré. » Ces larmes seront les dernières.

Le cuir endurci, Christopher Corte trimballe désormais sa longue silhouette avec assurance : « Aujourd'hui,je sais m'imposer, me faire respecter. J'ai pris confiance en moi. Je n'ai pas changé de méthode qui consiste à dialoguer avec les joueurs, à me montrer psychologue. Et lorsque l'environnement est hostile, je sais prendre sur moi-même. » Cette prise de conscience, il l'a héritée de deux années studieuses d'apprentissage : « Nous avions un rêve avec Christopher : qu'il devienne jeune arbitre de France », souligne son père.

Cette quête inachevée, le fiston mettra le cap sur Epinal pour intégrer une section sport-études arbitrage. Histoire de parfaire son art du placement : « J'ai appris à gérer certaines situations de jeu délicates, à toujours rester proche du ballon et en phase avec les arbitres de touche. Surtout, j'ai fait la connaissance d'une pointure. »
En l'espèce, Alain Sars. LA référence de l'arbitrage français. Une sorte de Pierluigi Collina (encore un chauve, mais plus charismatique que Chapron) avec des cheveux en plus.

Entre le maître et l'aspirant s'est nouée une relation spéciale : « Lors d'une remise de trophées, Alain Sars a donné du "mon" Christopher durant la soirée », s'enorgueillit le paternel. L'ancien arbitre international verrait-il en lui un digne successeur ? Ce serait aller bien vite en besogne. Pour l'heure, Christopher Corte aspire à devenir arbitre de Ligue. Et à plus long terme, à poser ses crampons sur les pelouses du CFA : « La suite ne m'appartient pas. Sortir sous les applaudissements du public, comme ce fut le cas récemment lors d'un gros match entre Sommedieue et Piennes, suffit à mon bonheur. » Un arbitre applaudi ? A vous couper le sifflet...

6 votes. Moyenne 4.33 sur 5.

Ajouter un commentaire

 

Date de dernière mise à jour : vendredi, 02 juillet 2021